La confiance des patrons de sociétés en LBO s'érode - CFNews

Published on July 30, 2024

Selon une étude menée par LBO Club, désormais fort de plus de 150 adhérents, les dirigeants d'entreprises soutenues par un fonds de buyout manifestent des inquiétudes sur l'environnement politique, qui aurait un impact fort sur leur business pour 19 % d'entre eux. Ce contexte incertain amènerait même 31% des dirigeants à revoir leur plan de sortie.

Les perspectives s'assombrissent dans l'esprit des patrons d'entreprises en LBO. Après avoir manifesté un optimisme prudent pour le premier semestre, les dirigeants sondés par le LBO Club, se montrent un peu plus mesurés. L'association regroupant les entreprises ayant réalisé une opération à effet de levier note dans la deuxième étude menée auprès de ses membres* que 54 % d'entre eux ont une bonne ou une très bonne confiance dans l'activité au S2 2024. Un recul de 7 points par rapport au semestre précédent, qui s'explique en partie par l'environnement politique. Ainsi, 27 % estiment que les incertitudes liées aux législatives ont un impact sur leur business, et 19 % affirment que cet impact est « fort » (tandis que 22 % perçoivent un impact modéré). Près d'un tiers des dirigeants (31%) jugent même que les incertitudes politiques ont un impact sur leur projet de sortie. Pour autant, 89 % des membres du LBO Club prévoient de mener des recrutements sur les six prochains mois, soit un niveau équivalent à la précédente étude. Ils restent en outre acquisitifs puisque 57 % des dirigeants interrogés prévoient un build-up dans les six prochains mois et 52 % envisagent une opération de croissance externe à l'étranger. 

De nouvelles tendances 

Autre enseignement marquant de l'étude : le nombre de projets de refinancement baisse de 12 points par rapport au semestre précédent. « Bien que 25 % des dirigeants continuent à manifester un besoin de refinancement, des renégociations de dette ont probablement déjà été réalisées sur les six derniers mois », explique Ronan Lebraut, président-fondateur du LBO Club. Parmi les opérations de ce type menées depuis le début de l'année, notons par exemple le refinancement de Serapid (lequel est dans le portefeuille de LBO France) avec l'aide de Zencap, ou encore celui réalisé par Anaveo, participation de Bridgepoint, via une unitranche apportée par Bank of Ireland et LGT. Les volontés de renégociation de manpack se sont elles aussi taries, pour atteindre 28 % contre 37 % au début de l'année. Mais ce mécanisme d'intéressement du management pourrait d'ailleurs se propager au-delà même des frontières du buyout, suivant l'augmentation des attentes d'exits corporate, qui gagnent 3 points par rapport au semestre précédent pour atteindre 9 %. A l'inverse les perspectives de cession à un fonds majoritaire perdent 3 points pour s'établir à 69 %. « La sortie industrielle n'écrit plus systématiquement la fin de l'aventure capitalistique d'un dirigeant. Nombre de ces opérations sont désormais accompagnées de manpacks, permettant au repreneur de s'assurer de l'alignement des intérêts avec un management familier du LBO », analyse Ronan Lebraut. 

Plus de 150 membres

Créé en 2023 sous la houlette de Ronan Lebraut (ancien dirigeant d'Etanco) et Rajaa Mekouar (à la tête d'un cabinet de conseil dédié aux family offices), LBO Club compte 153 entreprises adhérentes pour 172 dirigeants affiliés, parmi lesquels 10 % de femmes. Ses membres, uniquement composées d'entreprises valorisées plus de 20 M€ lors de leur précédente opération, totalisent un chiffre d'affaires cumulé de 37 Md€ pour une valorisation globale de 66 Md€ et quelque 325 opérations de LBO. Les responsables de l'association s'attendent à compter 200 adhérents d'ici la fin de l'année et leur proposer des sondages plus thématiques mais aussi des benchmarks permettant de classer les acteurs du corporate finance (fonds, conseils, avocats...).

*124 dirigeants ont répondu à l'enquête, positionnés pour 42% sur le small cap, 34% sur le mid cap et 24% sur le large cap.

 


Article publié sur CFNews